Après quelques jours de repos accordés par mes supérieurs, je m’étais levé tôt et en pleine forme ce matin la. Assis sur un rocher, je méditais sur la journée qui m’attendait. Plus tôt dans la matinée, mes supérieurs m’indiquaient qu’ils avaient des doutes sur l’origine de la menace des machinas et hominisa machinas (Humains et Foréens ralliés aux forces de l’engeance génétiquement modifiés et aux multiples implants). Ils me demandaient d’aller inspecter le centre de recherches de Pravus, situés au nord des étendues sauvages.
Arrivé sur place, je constatai que les forces alliées et ennemies en présence se livraient déjà une lutte acharnée. Les transports aériens de l’AFS ne cessaient d’affluer, et d’amener du sang neuf afin d’alimenter une bataille meurtrière. J’emboîtai le pas, et suivait les nouvelles recrues fraîchement débarquées.
Jetant mon regard en direction du centre de recherche, je constatai avec désespoir, la désolation qu’offrait la vue, la nature laissant derrière elle quelques vestiges sans vie… Seuls les canons et le sang des batailles subsistaient dans cet endroit visiblement ravagé par la guerre.
L’action fut immédiate. Une fois les ordres de missions transmises par le commandant du campement, l’unité dont je faisais parti se mit en route pour le centre. L’entrée était furieusement gardée par l’ennemi, et les échanges furent intenses et violents. Mais nous savions que nous devions passer.
Une fois les premières lignes de défense traversées, je me retrouvai seul, face au centre. Quelques dizaines de mètres en face de moi se trouvait l’entrée. Au moment où je m’apprêtais à la rejoindre, un bipode sorti de nul part apparut soudainement et me barra la route. Bien décidé à passer, je chargeai la cible. Le combat fut rapide mais intense, et je ne devais ma survie qu’a l’usage d’un medikit.
J’arrivais devant à l’entrée du centre. Deux unités ennemies la gardaient, et d’après mes renseignements, l’une d’entre elle détenait le code permettant de déverrouiller le portail électromagnétique. Sans réfléchir d’avantage, j’abattais les deux gardes en prenant soin de récupérer le précieux sésame.
Je pénétrais dans le centre. Après une longue descente d’escalier, l’atmosphère devenait pesante, et l’oxygène, en quantité limitée. Après quelques instants, une odeur nauséabonde commençait à se faire ressentir. Serrant les dents et essayant de faire abstraction de la puanteur des lieux, je reprenais mon exploration.
Traversant un premier laboratoire très bien gardé, je pris conscience que ce centre était très avancé technologiquement parlant. Une fois sécurisée, je m’arrêtais quelques minutes pour observer la colonne se situant au milieu de la pièce. Un semblant de liquide vert stagnait dans un réservoir translucide.
Ma progression dans les installations ne se fit pas sans peine. Croisant à chaque recoin, les unités de l’engeance, je n’étais jamais au repos. Sans cesse sur le qui-vive, je guettai tous les bruits, tout les mouvements. Continuant dans les couloirs et poursuivant mon éradication de gardes, je m’apercevais que je faisais, sans trop m’en rendre compte, le tour d’une grande salle.


Arrivant finalement, dans un couloir circulaire et très peu éclairé, je sentais que la puanteur des lieux s’intensifiaient. Le pressentiment de trouver quelques choses au bout de ce couloir ne faisait plus de doute. En approchant de la fin du couloir, des bruits mécaniques et des petits cris étouffés se faisaient entendre.
L’horreur apparut devant moi. Un humain - ou un foréen - attaché sur une table inclinée, presque inerte, subissait sans relâche, les assauts incessants de machines charcutant son corps. Cette scène, supervisée par deux membres de l’engeance fit naître en moi une rage soudaine et meurtrière. Mon sang ne fit qu’un tour, et eux, n’eurent pas le temps de fuir.
Malgré l’énergie dépensée à mettre hors service ces salles de tortures et d’expérimentations, je savais que ce n’était que la partie cachée de l’iceberg. Et même si je n’étais pas dupe, je savais de quoi l’engeance était capable.
Arrivant sur la fin de ma désagréable aventure, je pénétrai finalement dans la salle autour de laquelle je tournais. Une immense colonne centrale, alimentée par un réservoir géant et robotisée, surplombait la grande salle. Des machinas sortaient de cette machine par dizaine, et chaque unité se dirigeait vers des portails de téléportation. Par chance, je n’étais pas repéré, et profitant de l’aubaine, je cherchais un moyen de réduire à néant cette menace.
Observant le réservoir en haut de la colonne, je dégaina mon fusil, inséra un chargeur neuf, pris un appui stable, et visa le ventre de ce dernier. Prenant ma respiration, j’appuyai franchement sur la gâchette, libérant ainsi une salve qui brisa la coque du réservoir et le fit exploser. La machine s’arrêta.
L’alarme du centre se déclencha, je devais partir. Courant pour retrouver la sortie, j’aperçus sur un côté de la salle, une sorte de vortex. En m’approchant, je constatais que cela ressemblait plus à des morceaux de chairs et de muscles qu’a un vortex. Il s’agissait d’une porte. En voulant la traverser, elle s’ouvrit… par chance.
Derrière, se trouvait une prison. Ou du moins, on pouvait s’en douter. Des grilles électromagnétiques fermaient des cages ou se trouvaient emprisonner des Foréens innocents. Ne pouvant rien faire pour les sauver, je repartais, la rage au coeur et un sentiment d’abandon que je ne pouvais réfréner.
Quelques minutes plus tard, et quelques patrouilles ennemies en moins, je retrouvai la surface. L’expédition dans ce centre était finie, mais le rapport à mes supérieurs promettait d’être long. La journée fut encore longue, mais les horreurs croisées dans ce centre devaient être révélées.